mercredi 10 décembre 2014


L'économie, une antinomie!

Act.1 de 6


Suite au petit papier que j'ai écrit à Philippe Couillard la semaine dernière, et auquel je n'eus reçu nulles réponses, j'ai pensé demander à un autre politicien, J.-F. Lisée, de suppléer à la tâche. « Il est en France », que m'a répondu J.-S. Lachance, l'adjoint de direction de M. Lisée. Je l'ai donc référé au papier en question (http://terreouest.blogspot.ca/2014/11/invitation-public-au-dialogue-avec_27.html), qu'il a dit trouver intéressant; il devrait m'appeler sous peu...

Voilà qu'avec mes proches, les discutions à propos de ce même papier, ils n'en eues point. « point », comme dans « point-mort »… La « question qui tue », si je puis dire, c'est : mais pourquoi donc? Peut-être parce que l'on n'en parle jamais? Comme si ces questions étaient scellées ad initio, et ce, ad vitam æternam. Ben voilà : « fallait y penser! »

Alors pour vous aider un peu à comprendre – comme on m'a moi-même aidé – je vais vous expliciter chacun des thèmes en détail au cours des articles qui suivront (6 incluant celui-ci). Vous aurez déjà compris que le ton « ingénu » du message initial était frauduleux de ma part.

Pour aujourd'hui, nous nous contenterons de mettre en exergue la cohésion sous-jacente à ces différentes thématiques que j'avais catégorisées comme suit :
  • Les constitutions.
  • La création monnaitaire par les institutions bancaires privées.
  • L'austérité actuelle.
  • L'indépendence.
  • Le système démocratique/oligarchique/plutocratique du gouvernement représentatif moderne.
Nous pouvons regrouper ces « questions » en trois fondamentaux qui, selon moi, causent tous nos maux :
  1. L'endettement
  2. Le non-respect des pouvoirs constitutionnels
  3. La pseudocratie « représentative »
En somme, pour faire court, l'austérité actuelle sert à palier l'endettement; mais comme le dit Lisée, l'endettement n'est pas un problème en soi. Alors en quoi est-ce un problème? C'est, bien sûr, « à cause des intérêts » qui, je le rappelle, nous coûte environs 8 milliard de dollars par an! C'est précisément pour ça – le « service » de la dette – que Couillard veut « réduire » (Où plutôt ne pas augmenter) cette dépense : mais plutôt de gauche celui-là?

Maintes questions virevoltent; et de même, maintes explications : les uns seront tentés de dire que Couillard veut simplement renflouer les coffres des banques privées, nos créanciers à tous; les autres diront que c'est plutôt par responsabilité, au même titre qu'un parent responsable n'est pas celui qui fait tout le temps plaisir à son enfant? hum hum… Voilà donc les sottes questions que je ne poserai pas, car dans ce fouillis d'incertitudes, une certitude demeure : les enjeux sont bien plus profond. D'ailleurs, les libéraux ne sont certes pas nos sauveurs contre les méchants péquistes qui veulent offrir de plus en plus de services!

Tout ça est bien superficiel : on peut supposer tant qu'on veut, or on ne comprendra jamais rien si l'on ne comprend pas que l'axe gauche-droite n'est plus qu'une grossière aberration, puisqu'en fait, tous les parties aujourd'hui sont de droites, ne parlent qu'en termes économiques. Plus encore, autant la « gauche » que la « droite » accentuent les inégalités, et ce, par des moyens différents. L'un paie les intérêts, l'autre en augmente les frais!

« Mais à qui devons-nous cet argent? », voilà une question que j'ai entendue mainte fois. Pertinente, car il y a bien quelqu'un « au-dessus » qui nous la prête cet argent. En effet, et on peut aussitôt désigner les banques. Et puis voilà que tous trouvent légitime que si une banque nous « prête » de l'argent, c'est-à-dire qu'elle « s'en prive », elles en reçoivent une compensation que l'on nomme « intérêt ». C'est ce qui nous appauvri de façon massive, et en enrichi d'autres en proportion inverse.

Nous savons donc « à qui », allons maintenant plus loin – car ce n'est pas fini – et demandons-nous « comment ». « Comment ces banquiers ont-ils eu toute cet argent à prêter? », et c'est là qu'on voit le biais, car dans la première question (« À qui devons-nous cette argent? ») il y a un piège. La plupart croient que les banques prêtent l'argent que l'on dépose dans nos comptes. Or cette réponse suppose en guise de prémisse que la quantité d'argent en circulation est stable, constante, et existe depuis et pour toujours. Hélas, c'est faux : cet argent, mesdames et messieurs, on la crée! Mais oui : l'argent ne sert qu'à opérer nos échanges, ce n'est pas quelque chose qui tombe du ciel!

De fait, ce privilère de créer la monnaie incombe à la banque centrale, qui elle-même appartient à l'état, c'est un droit constitutionnel - je rappelle aux lecteurs que la constitution (ici, les constitutions) sert à encadrer les pouvoirs de l'état; et actuellement, l'État, ce n'est pas nous mais nos « représentants ». Dans une telle configuration, inutile alors de se s'imposer un intérêt quelconque (Le profit nous revenant ipso facto!) La dette public, alors, n'est qu'un moyen de financer les développements sociaux, de stimuler l'économie. Dans un état qui va bien, on crée l'argent tant qu'on en a besoin : c'est alors un outil au service des citoyens. Fine!

Or, voilà qu'au début des années 70, par un malheureux « hasard », tous les pays capitalistes on abdiqués ce droit constitutionnel pour la reléguer aux banques privés; ici ce fut en 1974, en France en 1973). Conséquence, on doit désormais payer de l'intérêt contre le « prêt », même si l'argent est fictive! Plus étonnant encore, l'article 91 de la constitution Canadienne stipule que : « seule la banque centrale a le droit de créer la monnaie »... Nos élus nous ont donc trahis! Mais oui, puisqu'ils outrepassent leurs propres droits! En somme, ils ont octroyé aux banques privées le droit de s'enrichir avec rien, et de nous soumettre à leur lois financières. Tout un coup!

Pour en revenir aux thémes abordé ci-haut, ce qui grosso modo lie le tout ensemble, c'est que pour changer tout cela, nous devons remonter à « la cause des causes », et suivre un certain parcours, et ce, selon une certaine chronologie : nous devons redonner le droit effectif à la banque centrale de créer sa propre monnaie, ce qui sera possible que si l'on dépasse le système « démocratique » actuel pour éviter que nos élus nous trahissent derechef; pour que ce soit possible, la première étape est de se séparer du Canada afin de réécrire nous-même notre propre constitution!

D'ambitieux projets, mais qui sont tout à fait possibles!

Bien sûr, je ne fais que vous mettre au parfum, très sommairement, des raisons qui me poussent à vouloir axer le débat autour de ces questions fondamentales, et vous pouvez désormais constater plus aisément qu'elles sont toutes interreliées.

Sachez, compatriotes, que je n'ai nulles « solutions miracles », sinon que c'est à nous, Peuple, de choisir ce que nous voulons, et cela commence en comprenant le comment des pourquoi de ceci, de cela. Y'en a marre de se voir imposer des politiques corrompues, d'en être réduit à voter au 4 ans! Y'en a marre! C'est dorénavant à nous d'orienter le débat : c'est notre devoir naturel!

Peut-être comprendrez-vous un peu mieux pourquoi je soutiens Lisée aujourd'hui : il est le seul à dire de la dette public qu'elle n'est pas problématique – ce qui est vrai. D'entre tous, c'est lui qui a le plus raison. De surcroît, il est indépendantiste; et l'indépendance du Québec est, selon toute vraisemblance, la première étape vers notre émancipation culturelle (Je développerai en détail toutes les raisons de la pertinence de l'indépendance, que ce soit politiques, économiques, historiques, etc. que j’abrège ici par « culturelle ».) Mais en contrepartie, ce qu'il ne nous dit pas – que j'ose croire qu'il sait – c'est que le « service » de la dette est, lui, une aberration…

À bientôt, donc, pour le détail de tout ceci qui, peut-être à première vue, paraît bien trop alambiqué. Et c'est vrai que ce l'est trop, car en réalité, c'est si simple...

Sonny Champagne